10 conseils de Stephen King pour améliorer votre écriture

Dans Ecriture : mémoire d’un métier, Stephen King nous raconte comment il est devenu un écrivain à succès après une enfance maladive qui l’a amené à beaucoup lire et écrire. Tout au long du livre, il analyse les mécanismes de l’écriture et il donne ses astuces pour réussir, mêlant autobiographie et atelier d’écriture.

Au Club des Indés, on a lu en entier le livre du King, et comme on est sympas, on vous le résume en 10 précieux conseils pour les auteurs ! Et ça vaut aussi pour les auto-édités. 😉

1. Comprendre ce qu’est réellement l’écriture

Qu’est-ce qu’écrire ? « De la télépathie, bien entendu », « un numéro de transmission de pensée non seulement à distance, mais aussi dans le temps ». L’auteur raconte une histoire à distance, à travers l’objet du livre.

Ecrire n’est pas un acte à prendre à la légère. Il y a un réel engagement pris par l’auteur et par le lecteur, un pacte scellé entre les deux protagonistes : un pari pour faire croire et y croire. L’auteur doit tout mettre en œuvre pour que le lecteur se plonge dans l’histoire qu’il invente, pour qu’il oublie même qu’il lit une histoire.

« Sans votre Fidèle Lecteur, vous n’êtes qu’une voix couinant dans le vide »

2. Beaucoup lire et beaucoup écrire.

«  Si vous voulez devenir écrivain, il y a avant tout deux choses que vous devez impérativement faire : lire beaucoup et beaucoup écrire. »

Lire beaucoup, pour s’imprégner de mots et écrire pour s’améliorer, pour trouver ses automatismes. Comme pour un sport, il faut s’entraîner pour se perfectionner. Le célèbre écrivain suggère de se fixer des objectifs d’écriture au quotidien : « Je vous suggère mille mots par jours, et comme je suis magnanime, je vous accorde aussi un jour « sans » par semaine, du moins au début »

3. Avoir un endroit bien défini pour écrire

Stephen King conseille aux auteurs d’avoir un endroit bien à eux, dans lequel ils se sentiront à l’aise et qui créera une atmosphère de travail sereine. Dès qu’ils seront dans ce lieu, le mécanisme d’écriture se mettra en place et les auteurs ne seront pas distraits.

Le bureau doit être « un endroit pour voir loin » (pour favoriser l’imagination), « un lieu qui est le vôtre », et avec « une porte que vous tiendrez fermée » : « la porte sert à vous couper du monde extérieur ; elle sert aussi à vous enfermer et à mieux vous concentrer sur votre tâche ».

4. Bien identifier les idées qui feront votre roman

 « Les idées des bonnes histoires paraissent littéralement jaillir de nulle part. Vous tomber dessus du haut d’un ciel vide […] Votre boulot n’est pas de trouver ces idées, mais de les identifier lorsqu’elles font leur apparition »

Ce qui est important, c’est de bien noter ces idées et d’arriver à faire croire au lecteur qu’elles sont réelles, pour qu’il s’investisse dans l’histoire. L’idéal est donc de distiller dans le texte des idées auxquelles le lecteur pourra s’identifier. Même s’il s’agit d’un roman de science-fiction, les sentiments sont vrais, les relations humaines, les attitudes sont vraies. C’est la vérité qu’il faut travailler.

« De quoi allez-vous parler ? […] de ce qui vous chante. De n’importe quoi – mais à une seule condition, dire la vérité »

5. Avoir les bons outils pour écrire : vocabulaire, grammaire, style

La grammaire est le point de départ de l’écriture, elle est essentielle et doit être correcte. Puis il y a le vocabulaire, « Le pain et le sel de l’écriture »  : ce sont les compléments sur lesquels l’écrivain s’appuie pour étoffer son récit. Il ne faut pas chercher à en faire trop ou plus, car ensuite, le texte entier en serait faussé. Il faut que le vocabulaire utilisé reste naturel, simple et direct. « Utilisez le premier mot qui vous vient à l’esprit, s’il est approprié et expressif ».

Au niveau du style, bien évidemment chacun a le sien, mais Stephen King suggère la simplicité : éviter les verbes passifs (« il fut transporté »), l’excès d’adverbes (« brutalement ») et les verbes déclaratifs (« il éructa »), qui complexifient la phrase et font perdre toute sa force à l’histoire.

N’oublions pas non plus l’importance des paragraphes, qui constituent le rythme du texte.

6. Bien structurer son récit

« De mon point de vue, un roman, une histoire, comporte trois éléments : la narration, qui fait avancer le récit du point A au point B, et finalement jusqu’au point Z ; la description, chargée de créer une réalité sensorielle pour le lecteur ; et les dialogues, qui donnent vie aux personnages à travers leurs échanges verbaux. »

Les descriptions du contexte sont nécessaires pour que le lecteur se plonge dans l’histoire, mais il ne faut pas qu’elles soient trop longues ou rébarbatives.  « A mes yeux, une bonne description consiste en général à donner quelques détails bien choisis qui se chargeront de tout »

Stephen King met en garde le futur écrivain contre le piège de l’intrigue. Un bon roman n’a pas besoin d’intrigue, car dans la vraie vie, il n’y a pas vraiment d’intrigue. Seule la situation est importante.

 « Et si jamais des vampires envahissaient une  petite ville de Nouvelle-Angleterre ? (Salem) […] Et si jamais une jeune maman et son fils se trouvaient coincés dans leur voiture en panne par un chien enragé ? (Cujo) Autant de situations qui me sont venues à l’esprit – sous la douche, au volant de ma voiture, pendant ma promenade quotidienne – et qui ont finalement donné un livre »

7. Peaufiner ses personnages

«  […] Tous les personnages que vous créerez seront un peu vous-même.[…] En plus de ces versions de vous-même, il y a les traits, agréables ou pas, propres au personnage, que vous avez observés chez les autres […] . Il y a aussi un merveilleux troisième élément : l’imagination pure. »

Pour obtenir des personnages réalistes, il faut s’entraîner, transcrire ce que l’on a vu ou entendu autour de nous.

« Et si vous faites bien votre boulot, vos personnages prendront vie et commenceront à faire des choses d’eux-mêmes. »

8. Affiner son thème

Une fois que le roman est terminé, le thème apparaît plus clairement.

La touche finale consiste à affiner ce thème en relisant le texte et en unifiant l’histoire en fonction : en laissant ressortir des éléments du thème tout au long du récit, comme des éclairs de révélation qui feront tout se connecter à la fin du livre, pour constituer une œuvre achevée.

« Mon histoire tient –elle debout ? Et si oui, comment faire de cette cohérence un chant ? Quels sont les éléments récurrents ? S’entrecroisent-ils pour constituer un thème ? »

9. Prendre conscience de l’importance de la relecture / correction

« Quand on écrit une histoire, on se la raconte. […] Quand on se relit, le gros du travail consiste à enlever ce qui ne fait pas partie de l’histoire »

Stephen King conseille de laisser reposer le texte au moins six semaines après son écriture. C’est après ce laps de temps écoulé, quand l’esprit est occupé à autre chose, qu’il est bon de relire le manuscrit et de relever les fautes d’orthographe, les incohérences, de corriger les erreurs.

Une fois cette correction effectuée, on peut encore pratiquer des coupures dans le texte pour accélérer le rythme. « Des coupes judicieuses ont un effet immédiat et souvent stupéfiant – un vrai viagra littéraire »

«  La formule : version 2 = version 1 -10% »

10. Enrichir sa vie et celles autres par l’écriture

Le dernier conseil et pas des moindres consiste à réaliser l’importance de l’écriture dans la vie. C’est un acte magique, gratuit, qui permet de rendre la vie plus belle. Une véritable richesse. Tout le monde peut prendre une plume et se lancer, il n’y a pas d’hésitation à avoir. Le but : partager ce bonheur avec les autres.

« L’écriture ne m’a pas sauvé la vie […] mais elle a continué à faire ce qu’elle avait toujours fait pour moi : rendre ma vie plus lumineuse et plus agréable »

Chers auteurs indépendants, on espère que ces 10 conseils vous ont aidé à y voir plus clair dans votre passion d’écriture ! Maintenant, à vos claviers et n’oubliez pas de rendre le monde meilleur grâce à vos romans. 🙂

« En fin de compte, écrire revient à enrichir la vie de ceux qui liront vos ouvrages, mais aussi à enrichir votre propre vie. C’est se tenir debout, aller mieux, surmonter les difficultés. Et faire qu’on soi heureux, d’accord ? Oui, faire qu’on soit heureux »

Article écrit par Marie Havard

2 thoughts on “10 conseils de Stephen King pour améliorer votre écriture”

  1. Bonjour,
    Ces conseils sont excellents, un endroit bien à soi, dans le calme, un récit ou une histoire passionnante à raconter avec beaucoup de rebondissements avenir. J’avoue que j’ai le fil central de l’histoire, mais l’inspiration y est pour beaucoup. J’ai toujours quelques coups d’avance pour éviter la page blanche et quand ça arrive, alors ce jour-là, je passe mon tour.
    Bonne écriture à tous,
    Slovaque31

    1. Merci Slovaque31 pour votre partage d’expérience. 🙂 De bons conseils faciles à lire mais parfois compliqués à mettre en oeuvre… Nous sommes d’accord, il ne faut pas se forcer si on est face à une page blanche. Bonne écriture à vous et à bientôt !
      Marie

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