Marie Havard

Marie Havard - auteur

FOCUS ECRITURE

Que représente l’écriture dans ta vie ?

L’écriture fait partie intégrante de ma vie. Depuis toute petite, je tiens un journal intime. A l’école, les premières rédactions m’ont donné le goût d’inventer des histoires. En plus, nous avions un ami de la famille qui publiait de la poésie, et donc écrire m’est paru être une chose complètement naturelle, quelque chose même que j’avais envie de faire, quand je le voyais taper sur sa machine à écrire. Ecrire est pour moi un besoin, un exutoire, un loisir qui fait du bien à l’esprit.
J’écris avant tout pour moi, des choses qui me plaisent et que j’ai envie de figer dans l’écriture. J’aime beaucoup écrire des  textes auxquels on ne s’attend pas forcément, des textes qui peuvent surprendre et des récits « inédits ». Je n’ai pas envie que le lecteur se dise, « oh, j’ai déjà lu une histoire qui ressemblait à ça, avant ». C’est pourquoi mes livres sont souvent difficiles à classer, car ils mélangent les genres.

 

Où trouves-tu l’inspiration ?

Souvent, je trouve l’inspiration chez des personnes que j’ai rencontrées, dans des pays où j’ai été ou dans des situations de la vie quotidienne, dans ma propre vie, aussi. Beaucoup d’observation et d’écoute, un brin d’imagination, et le tour est joué ! C’est difficile à expliquer, un rien suffit à m’inspirer, parfois. Une phrase que l’on dit, une sensation que j’ai, peuvent m’inspirer.

 

Comment construis-tu un roman ? Les personnages ? L’intrigue ?

Souvent, j’ai une idée plutôt précise dès le départ. Les détails de l’intrigue viennent ensuite, mais je sais déjà comment je vais organiser les choses. Pour les personnages, ils sont très clairs dans ma tête et je les visualise très bien, par contre je n’aime pas les décrire physiquement, je préfère insister sur leur caractère. J’aime aussi laisser le texte mûrir un peu entre chaque chapitre. J’écris très lentement : pour mes deux romans j’ai mis à chaque fois 5 ans ! J’aime bien le changement aussi, c’est pourquoi le premier (Les Voyageurs Parfaits) présente des chassés-croisés entre les personnages, écrit à la troisième personne, alors que le deuxième roman (Les Larmes du Lac), écrit à la première personne, se focalise uniquement sur le point de vue de Anne.

 

As-tu déjà connu le syndrome de la page blanche ?

Non, pas vraiment. Je ne me mets à écrire que lorsque je suis inspirée, je ne me force pas. Si je n’ai rien à écrire, je fais autre chose, du jardinage, des promenades, de la lecture etc… C’est pour ça que je suis si longue à finir un texte !

 

As-tu un rituel d’écriture ? Un endroit fétiche pour pianoter ?

J’aime beaucoup être au calme et avoir la lumière du soleil pas loin. Donc en général je me mets près d’une fenêtre, avec vue sur mon jardin. J’aime aussi beaucoup écrire seule ou bien dans des endroits confinés (par exemple sur le siège d’un avion, en voyage). Par contre, la télé ou la musique me déconcentrent complètement.

 

FOCUS ROMAN

As-tu un chouchou parmi tes romans ?

C’est difficile à dire, tous reflètent une certaine période ma vie, une phase dans mon écriture. Cependant, celui qui me tient le plus à cœur est Les Larmes du Lac, parce qu’il contient beaucoup de choses personnelles, d’hommages que j’ai voulu rendre, et parce qu’il se déroule à St Andrews en Ecosse, ville où j’ai vécu pendant un an et que j’aime beaucoup. Je l’ai aussi beaucoup travaillé en faisant des recherches historiques en même temps que mon personnage principal faisait ces mêmes recherches.

 

Quel personnage te ressemble le plus ?

Il y a bien sûr un peu de moi en chacun d’eux…  Dans ma vie, j’ai été un peu Sarah la rêveuse, Kanzen pour son côté voyageur, Anne qui a perdu son enfant, Réjane sans visage ou encore Hataro qui grimpe au Fuji… Si je devais en choisir un qui me ressemble le plus, ce serait sans doute Anne, parce que le roman me touche personnellement et fait écho à des éléments de ma propre vie.

 

La couverture préférée de tes romans ?

J’ai créé toutes mes couvertures et j’aime chacune d’elles. J’aime particulièrement celle du Troisième Sumo parce qu’elle peut paraître incongrue, avec ses couleurs vivres, la montagne et le sumo massif juste devant. On a un peu l’impression de regarder à travers un trou de la serrure vers un autre univers, avec l’ovale sur la couverture.
Enfin, j’aime aussi la nouvelle couverture des Larmes du Lac que j’ai retravaillé pour que l’on voie mieux le lac et que l’ambiance qui se dégage corresponde mieux à l’histoire du livre, qui n’est pas un thriller ou un roman gothique, comme la première couverture pouvait le laisser penser.

 

Quel roman as-tu préféré écrire ?

J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire Le Troisième Sumo, au retour d’un séjour au Japon. C’est une nouvelle. Me plonger dans cette écriture a fait remonter en moi des souvenirs de voyage et je me sentais très proche de Hataro, le personnage principal, que j’avais l’impression de côtoyer.

 

FOCUS AUTOEDITION

Comment as-tu découvert ce monde ?

Au tout début, je cherchais des plateformes d’avis pour faire lire mon texte et voir ce qu’il valait. Puis j’ai publié mon premier roman en 2010 sur TheBookEdition. A l’époque, on entendait aussi parler de Lulu, la plateforme d’auto-édition américaine. Quand mon texte a été terminé, je voulais d’abord le faire imprimer pour que mes proches le lisent. C’est comme cela que j’ai découvert le monde de l’auto-édition. Cela n’a pas arrêté de prendre de l’ampleur depuis, avec de nouvelles plateformes, de nouveaux outils pour les auteurs… Quelques années plus tard, j’ai mis mes livres en vente sur Amazon, car cela permettait une plus grande visibilité.

 

Ce qui te plaît le plus ? Le moins ?

C’est simplement génial de pouvoir être maître de tout, de pouvoir se publier sans l’aval de qui que ce soit, de permettre à son texte d’avoir sa chance. J’adore faire ma mise en page, ma couverture, mon résumé… Par contre, là où c’est un peu plus dur, c’est pour la promotion car je ne suis pas bonne à ce jeu-là. Ce n’est pas facile de se mettre en avant, de parler de ses textes et de convaincre un lecteur.

Ce qui est difficile aussi, c’est de continuer à croire en soi. Lorsqu’on est édité, on est soutenu par une maison d’édition, des libraires, des lecteurs… Donc on est sûr de plaire. Lorsqu’on est auto-édité, c’est un combat permanent. On a peur de ne pas écrire assez bien, de ne pas être au niveau des autres auteurs. On a peur de se fourvoyer sur la réelle qualité de son texte. On est un peu en roue libre, quoi ! Il faut donc du courage et de la persévérance, de l’humilité aussi, pour continuer à écrire et à se dévoiler au monde.

 

Conseils numéro 1 pour un futur auteur ?

Bien peaufiner son texte au niveau de l’orthographe. Faire lire son livre par des bêta-lecteurs avant de le publier. Ne pas avoir peur de se lancer, savoir bien accepter les critiques pour les rendre constructives. Mettre de côté sa timidité pour savoir se vendre, quitte à dévoiler une part de soi. Faciliter l’achat pour le lecteur et donc être sur les grosses plateformes dans un premier temps, afin de se faire connaître. Etre en veille sur ce qui se fait au niveau de l’auto-édition.


Es-tu auteur à plein temps ?

                Si oui, comment gères-tu tes journées ?

                Si non, aimerais-tu vivre de tes romans ?

Malheureusement non, je ne suis pas auteur à plein temps. En ce moment, j’arrive à consacrer quelques heures seulement par mois à l’écriture. Dans un monde idéal, j’aimerais travailler à mi-temps et consacrer le reste à l’écriture. Je ne m’imagine pas arrêter de travailler complètement, car au niveau financier cela me mettrait la pression et j’aurais l’impression d’écrire juste pour vendre et non plus pour l’art et le plaisir d’écrire.

 

FOCUS PROJET

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

J’écris depuis un an ou deux un recueil de nouvelles. J’avais tellement d’idées de scénarios divers que je me suis dit que j’allais écrire des textes plus courts. Ce recueil comprendra, en plus de La Femme sans Visage et du Troisième Sumo déjà publiés seuls parce que je sais pas attendre, d’autres textes. Pour l’instant, j’en ai écrit 3 autres. J’imaginais ce recueil avec un regroupement de textes sur chacun des pays que j’ai visités : le Japon pour Le Troisième Sumo, les USA, le Canada pour mes autres textes écrits… J’ai donc en tête encore un texte sur la Nouvelle-Zélande (pas encore rédigé) et j’imagine déjà en écrire d’autres, sur l’Italie (le Vésuve), la Suède…
J’espère avancer un peu plus et finir ce recueil pour 2019.

 

Quel est ton objectif 2018 ?

Ecrire plus vite ! J J’essaie de trouver plus de temps pour écrire. Je souhaite aussi tenir plus à jour mon blog et écrire plus d’articles.

J’ai dans l’idée aussi d’ajouter une boutique sur mon blog, car pas mal de personnes se refusent à acheter chez Amazon. Enfin, pourquoi pas réorganiser des dédicaces maintenant que j’ai un petit stock de livres imprimés. Il faudrait aussi que je contacte des librairies pour voir si elles veulent prendre mon livre en dépôt-vente… Participer à plus de concours. Faire traduire mon best-seller en anglais… Bref j’ai de quoi avoir des objectifs pour plusieurs années ! J

 

BONUS

Ta musique préférée ?

Les Beatles.

Ton plat préféré ?

La seiche à la plancha à l’ail avec du riz et du citron.

Ta seconde passion ?

Les voyages, la cuisine, le jardinage.

Ta lubie du moment ?

Me promener dans la nature et profiter du soleil.

Quel pays rêverais-tu de découvrir ?

L’île de la Réunion ou les îles sauvages d’Hawaï.

Ton pécher mignon ?

La confiture de mûres